: LOUIS EVELY : Le vrai temple de Dieu c'est l'homme














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En tous lieux et de mille manières, on n'en finit pas d'interroger, d'explorer et de faire résonner les mots et les idées de Louis Évely !
Le plus souvent avec l'appui de "Transmission", l’association des amis de Louis Évely, des rencontres, des conférences, des expositions, sont organisées ici et là.
Nous essayons dans l'Agenda de relater et de partager cette actualité.
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Pour un évangile libéré du christianisme !

... Une discussion sans tabous pour une foi inventive et audacieuse

Table-ronde organisée par "Transmission" au Pontet le 11/12/2011
 

... Et pourtant Jésus était venu nous libérer du sacré ! par Michel Barlow

La sacralité religieuse, destituée par Jésus de Nazareth, a depuis été mille fois réintroduite par la plupart des Eglises chrétiennes. Ceci constitue bien, selon Michel Barlow, une "resacralisation païenne des religions chrétiennes, en rupture complète avec le message évangélique" ...
Michel Barlow Une des intuitions fondatrices de Louis Évely et de tous ceux qui ont tenté au XXe s. de donner au christianisme un visage plus humain et plus évangélique, c'est la prise de conscience de l'incompatibilité absolue entre le christianisme et une certaine conception du sacré, pourtant fort répandue dans la liturgie, la dévotion, l’éthique de l'Église catholique, notamment. Et de toute évidence, cette question du sacré est au cœur de la crise que traversent actuellement la plupart des Églises chrétiennes voire la plupart des religions monothéistes.


Étymologiquement, sacré signifie séparé. Le propre de la sacralité est d'instaurer une séparation rigoureuse entre le sacré, domaine des dieux ou du Dieu – et "le reste" qualifié de profane (étymologiquement : ce qui est placé hors du temple). Les temples païens et le temple de Jérusalem ont des enceintes hermétiques pour protéger les humains du contact divin et les dieux de tout contact profane ! La caractéristique la plus visible du sacré c'est d'être intouchable. Toute tentative pour mettre en contact les deux univers – sacré et profane – est considéré comme un crime inexpiable, puni de mort par les hommes ou par la divinité elle-même. Ce sacré si bien protégé n'est pas nécessairement de nature religieuse. Il y a par exemple des lieux, des gestes et paroles sacrés dans le domaine patriotique par exemple.


Une conséquence inévitable de ce "sacré séparateur", c'est la nécessité de créer un corps sacerdotal : des pontifes – des faiseurs de ponts à lancer au-dessus du précipice insondable qui sépare le sacré et le profane ! Bien entendu, ces hommes – parfois ces femmes – se trouvent revêtus à leur tour d'un caractère sacré. Ils ont un mode de vie "à part", des vêtements radicalement distincts de celui des humains, ils sont contraints au célibat, parfois à la "prostitution sacrée". Leur seul métier – souvent fort lucratif ! – c'est de manier le sacré, et de ce fait, ils sont dotés d'un pouvoir considérable. Grosso modo, la religion juive "fonctionne" comme les religions païennes, en mettant en scène une "sacralité qui sépare". La distinction entre le sacré et le profane correspond à celle du pur et de l'impur – mais pas au sens moral : pur et impur désignent les actions ou les réalités qui permettent ou non de participer au culte du Temple de Jérusalem – autrement dit, d'approcher le sacré, le domaine de Dieu.


Jésus de Nazareth détruit de fond en comble ce modèle de sacralité séparatrice. D'abord par son incarnation : en devenant pleinement homme, et non pas seulement une apparence d'homme, il invente un "nouveau sacré" qui réunit le divin et l'humain, le sacré et le profane au lieu de les opposer. Il se moque du sabbat et de toutes les obligations légalistes des pharisiens : pour lui tout est pur. L’éthique qu’il propose fait de la solidarité humaine un absolu. (cf la Parabole – ce n’est pas une prophétie ! – du Jugement dernier (Matthieu 25, 31-46) : la règle religieuse la plus impérieuse, la plus sacrée c’est le respect efficace de l'humain.


Et pourtant, la plupart des Églises chrétiennes ont réintroduit la sacralité païenne dans leur liturgie, leurs pratiques de piété, la formulation de leurs dogmes, leurs principes éthiques, leur organisation institutionnelle. Les édifices destinés au culte sont souvent qualifiés de sacrés, revêtus dans leur matérialité des attributs du divin : attention à ne pas les "profaner" ! Nombre d’Églises chrétiennes instituent une caste sacerdotale, chargée de servir d'intermédiaire entre le monde divin et celui des hommes. Elle est considérée comme sacrée, en ce sens qu'elle prétend bénéficier d'un respect analogue à celui que l'on doit à Dieu,


Cette "resacralisation" païenne des religions chrétiennes, en rupture complète avec le message évangélique, ne peut manquer de créer un mélange détonant ! Mais une déflagration peut revêtir deux formes : implosion ou explosion. Dans une implosion, les éléments antagonistes se dissocient en se précipitant les uns sur les autres ou dans les autres. C’est l’image que donnent les Églises ou les sectes intégristes ratatinées, momifiées dans leur nostalgie agressive d’un âge d’or qui n’a jamais existé que dans leurs fantasmes. L'autre forme de déflagration c’est l’explosion : les éléments violemment dissociés sont projetés vers l'extérieur dans toutes les directions. Au risque de scandaliser, il me semble que l'on doit souhaiter, prier même, pour que nos institutions ecclésiales explosent au lieu d'imploser ! En mourant en tant qu'institutions humaines – en renonçant à exercer un pouvoir politique, économique ou même médiatique sur la société – elles sèmeront aux quatre vents des éléments du message chrétien. En atterrissant en milieu laïque, la foi, l'espérance et la charité chrétiennes se remettront à vivre et seront baptisées de noms nouveaux : solidarité, droits de l'homme, créativité, liberté… Ainsi soit-il !




   Michel Barlow est théologien, écrivain, biographe de Louis Evely
 

... La révolution de Jésus nous apprend à ne pas croire à un Dieu au-dessus de nous, par Henri Bouyol

Par la bouche d'Henri Bouyol, Louis Evely nous rappelle qu'en les maintenant dans l'ignorance, on "infantilise" les fidèles. "Comment, dès lors, s'inquiète-t-il, l'Évangile redeviendra-t-il pour nous source de vie, une lumière pour notre vie, au lieu d'être ce corps étranger dont nos contemporains se délestent ?" ...
Henri Bouyol "L’Évangile sans mythes" amorce la réflexion à partir de la façon dont les chrétiens lisent la Bible aujourd’hui. Même si les positions théoriques du magistère catholique ont évolué dans les années 1940, "les fidèles sont maintenus dans l'ignorance des résultats de l'exégèse contemporaine. [Mais, de la sorte] sous prétexte de protéger leur foi […], on les infantilise."


Mais ce n’est pas seulement la culture biblique qui en pâtit : c’est la conception même de ce que doit être une foi d’adulte qui est atteinte :"Dans notre temps […], il ne peut plus y avoir de questions réservées. Il faut accepter de poser les questions, de travailler tous à les résoudre, et de les porter courageusement, tant qu'on ne peut pas y répondre. Une foi qui ne se pose pas de question, une foi qui n'est pas capable de porter ses questions, n'est pas une foi. Croire, c'est avoir assez de lumière pour porter ses obscurités." "Oui, il faut l'avouer, poursuit Louis Évely, il est impossible aujourd'hui de croire comme on croyait hier. Il est impossible de lire l'Évangile sans l'interpréter. […] Proposer une nouvelle interprétation de l'Évangile est la condition indispensable pour rendre la foi possible à nos contemporains."


Paradoxalement, c’est l’interprétation qui exprime la fidélité :"la simple répétition est nécessairement infidélité ..." : puisque les mentalités ont changé, les même mots n’ont plus le même sens que lorsqu’ils ont été exprimés, et les répéter à l’identique les déforme. Nous ne pouvons recevoir le message de Jésus que dans notre langage, dans notre mentalité, avec nos concepts et nos espérances ... Et vous savez combien ils différent de ceux d'il y a deux mille ans ! "La vraie fidélité invente."


C’est en ce sens que notre Évangile doit être purgé des aspects merveilleux, mythiques, car le mythe n’est plus la langue de nos contemporains ! Derrière les "faits exceptionnels [que relate l’Evangile – l’étoile de Bethléem, les miracles, etc.]" cherchons leur signification spirituelle. ". Et la résurrection de Jésus-Christ ne doit pas faire exception : "Est-il essentiel à la Résurrection que le tombeau de Jésus ait été vide, ou ne suffit-il pas que Jésus soit vivant aujourd'hui pour nous comme il l’a été pour ses apôtres, le plus vivant et le plus vivifiant des êtres ?" C’est la notion même de vérité qui est ainsi interrogée : si, comme dit Louis, il faut re-comprendre, ré-interpréter l'objet de foi, c’est parce que "la vérité n'est jamais possédée (" j'ai la foi" ,"j'ai la vérité ".) Elle est visée, atteinte, cernée mais jamais acquise ..." Et elle est, en même temps, elle est une recherche propre à chacun : "Quête personnelle, indéfinie, où les autres peuvent nous aider de leurs expériences et de leurs réflexions sans pouvoir se substituer à nous."


Dans "Échec et espoir d’un christianisme" publié six ans plus tard, Louis Évely prolonge son analyse et son livre s’ouvre par cette constatation :"Nous vivons une crise spirituelle fondamentale", du fait du "décalage entre le message des Églises chrétiennes et les besoins de nos contemporains". Comment, dès lors, l'Évangile redeviendra-t-il pour nous source de vie, une lumière pour notre vie, au lieu d'être ce corps étranger dont nos contemporains se délestent ?" Comme Dietrich Bonhoeffer, Louis est convaincu que pour être pleinement fidèle à lui-même, "le christianisme est appelé à perdre ses caractéristiques religieuses (rites, structures institutionnelles, credo) en s’universalisant dans l’amour et le respect de l’homme habité par Dieu"."Aujourd'hui beaucoup de nos contemporains aiment Jésus et lui font confiance, bien qu'on le dise Dieu, parce qu'il est un vrai homme. La divinité de Jésus est un handicap qui met définitivement hors course ceux qui voudraient lui ressembler. Les qualités humaines de Jésus nous enthousiasment, mais ses qualités divines nous découragent."


Pourtant,"Jésus a tout fait pour être comme les autres humains : famille, amis, milieu, métier, souffrance et mort. Mais nous chrétiens avons cédé au vieil instinct religieux en le divinisant. Mais ainsi, ne l'avons-nous pas éloigné de nous pour ne pas devoir nous humaniser comme lui ?" "Le vrai débat entre athées et croyants, estime Louis, est là : y a-t-il en l'homme un dynamisme qui lui fait affirmer à chaque instant l'existence d'une vérité et d'un bien absolu, qui le poussent à se dépasser, à dépasser le temps, la vie, la mort ? Le véritable athée est celui pour qui l'homme est un être limité, dans le temps comme dans l'espace, et qui se satisfait d'une existence précaire, et dont les buts n'ont pas de buts. Tandis que le véritable croyant n'est pas celui qui affirme l'existence de Dieu, mais celui qui respecte et révèle en chaque homme une valeur sacrée que la vie biologique ne peut ni donner ni ôter."


La révolution de Jésus nous apprend à ne pas croire à un Dieu au-dessus de nous mais seulement à un Dieu au-dedans de nous : l'Esprit, dynamique inépuisable qui nous inspire d'aimer, de créer, d'oser. Alors, l'Évangile devient une lecture attachante et exigeante : il nous parle de nous, de nos possibilités illimitées, de nos responsabilités universelles. "Car si l'homme est à l’image de Dieu, Dieu n'est peut-être pas si différent de l'homme. Dieu est le seul être véritablement humain, car il est Amour, et rien n'est plus humain qu'aimer : se tourner vers les autres, se communiquer, partager, mettre toute sa complaisance dans un autre." On comprend mieux, dès lors en quel sens l’Évangile "fait autorité" pour Louis : non pas parce qu’il serait une parole "révélée", transmise par Dieu en direct. L’exégèse biblique nous l’apprend, "l'Évangile n'est pas une Parole divine, mais une parole humaine. Dieu n'a jamais parlé, seul l’évangéliste parle" et écrit, avec son tempérament, sa culture, son histoire personnelle.


L'Évangile n’a donc pas autorité, au sens où on l’entend souvent : une force qui s’impose et à laquelle on doit un respect tremblant. Le mot latin à l’origine du terme autorité signifie "augmenter faire fructifier, accroître, multiplier, enrichir, ceux à qui l’on s'adresse" ... Le rôle propre de l'autorité est d'autoriser, c'est-à-dire rendre l'autre auteur à son tour, acteur, responsable créateur. Cette autorité-là, Jésus, la mettait en œuvre, lui qui scrutait l’Écriture, la citait avec une liberté étonnante, en jouait comme d’un instrument pour en expliquer le sens." "Être disciple de Jésus, c'est donc oser inventer pour notre temps comme il a osé inventer pour le sien, oser changer l'enseignement religieux, redresser les déviations, violer la loi, corriger Moise, contredire la tradition mais à condition d'être assez pénétré de l'esprit du passé pour inventer valablement le présent. Jésus n'a rien écrit, il nous laisse libre de l'utiliser comme un phare et non comme une borne. […] L’Écriture ne nous servira que si nous ne la sacralisons pas."


"Notre premier travail n'est pas de chercher le sens de l'Évangile, mais de trouver le sens de notre vie. […] Nous ne rencontrons jamais Dieu que dans notre expérience personnelle, et alors, nous le reconnaîtrons dans l'expérience des autres. […] Ainsi, nous lirons l'Évangile à la lumière de notre expérience, et nous interpréterons notre expérience à la lumière de l'Évangile. […] Notre tâche à nous est, à la lumière des Évangiles d'il y a deux mille ans, de découvrir et d'inventer l'Évangile d'aujourd'hui : la présence et l'action de Dieu dans notre vie actuelle."




   Henri Bouyol est président de l'association "Transmission, les amis de Louis Evely"
 

... Il nous faut écrire le Cinquième Évangile ! par Christian Terras

Christian Terras parle des "identités dispersées du christianisme", qui font de cette religion une institution "toujours précaire et toujours modifiable", comme Paul très tôt l'avait lui-même exprimé : "Il n’y a ni juif ni grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus" ...
Christian Terras Christian Terras part d'un inventaire sans concession de la situation actuelle : le christianisme a-t-il un avenir ? On pourrait parler d’une "nature diasporique" du christianisme actuel : les chrétiens d’aujourd’hui sont dans une situation analogue à celle des juifs de la "diaspora" qui, dans l’Antiquité, vivaient dispersés aux quatre coins du monde connu, et s'efforçaient de vivre leur foi loin de Jérusalem, en plein monde païen. De fait, le christianisme n'est plus aujourd'hui une réalité psychosociologique : un groupe humain bien visible et repérable. N'en déplaise à l'intégrisme qui se cramponne à un modèle de chrétienté totalement dépassée et refuse par principe la modernité, force est bien d'accepter le réel tel qu'il est et d'y chercher la chance d'une vie plus évangélique.


Pour ce faire, il est indispensable d'abandonner l'insistance obsessionnelle de l'Église catholique à imposer son identité spécifique à toute l'humanité ("Hors de la vérité catholique pas de salut !"). Il est instructif, lorsqu’on relit les Actes des apôtres, de constater que les disciples de Jésus-Christ ne se sont pas identifiés spontanément comme chrétiens – autrement dit, ils ne se sont pas soucié d’emblée d'un particularisme identitaire. C'est à Antioche (Actes 11,26) que, pour la première fois, on leur donne le nom de chrétiens. Autrement dit, cette désignation leur est venue de l'extérieur, du monde païen sans doute ; mais elle a l'avantage de les situer par rapport à "Celui qui les convoque ". Les chrétiens d'aujourd'hui peuvent s'en inspirer : ils ne purifieront leur foi qu'en regardant et en écoutant les hommes les plus éloignés des réalités chrétiennes. C'est ce qu'a bien compris la Théologie de la libération (si malmenée par l’Inquisition romaine) : "Les pauvres nous évangélisent". C'est de l'extérieur que vient la possibilité de nommer Jésus-Christ. On notera au passage que la"Nouvelle évangélisation"prônée par les deux derniers papes propose exactement le chemin inverse : apporter le christianisme au monde, au lieu de se mettre à l'écoute du monde.


Cependant, si l’on y songe, ce qui fait le chrétien, c'est la contestation de ce besoin d'identité. Et Paul l'avait déjà bien compris : "Il n’y a ni juif ni grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus." On pourrait parler des identités dispersées du christianisme : il n'y a pas un modèle et un seul d'homme ou de femme chrétien, et le christianisme n'est pas une religion instituée définitivement. Il doit demeurer toujours précaire et toujours modifiable.


On répète à l’envi que "le christianisme est la religion de la sortie de la religion" et que dans son fondement même, il appelle à la perte des privilèges religieux. Il ne réclame rien au nom de son Libérateur. Bien loin d'être une société close sur elle-même, l'Église doit devenir le lieu où l'on essaye de s'ouvrir à autrui, en renonçant à être une forteresse sociologique, dogmatique, voire en se perdant radicalement. Le concile Vatican II a fait quelques pas dans cette direction, mais il a été une mise à jour encore trop extérieure : on a changé les formulations, mais pas le logiciel qui les produit ! Le Concile n'est pas allé au bout de la contestation du religieux, au nom de l'Évangile. De ce point de vue, la période que nous vivons est passionnante : elle nous lance le défi de ressaisir les choses en profondeur. Les béquilles familiales, sociales, culturelles… qui soutenaient jadis notre foi ne fonctionnent plus, et c’est à nous et à nous seuls de revisiter le christianisme de fond en comble.


Certes, ce mouvement est freiné par les courants traditionalistes et intégristes qui se montrent des "identitaires chrétiens"fanatiques : ils entendent bâtir des oasis et des chapelles déconnectées du monde ambiant, bloquées sur une image nostalgique d’une chrétienté qui n'a sans doute jamais existé. Par leur refus de toute idée de progrès, ils s’efforcent d’être une force "d’involution identitaire". Mais cela ne nous empêchera pas d’inventer un autre chemin, une autre intelligence de la foi ! Il ne suffit pas de remettre en cause le "dieu des philosophes" qui inspire le discours théiste (dont l'athéisme ne fait qu'inverser les affirmations). Quand on est convaincu de la kénose du Christ, de son dépouillement de tout pouvoir divin, de sa volonté de partager le destin des hommes, la sécularisation n’apparaît plus comme un danger pour le christianisme ; elle peut au contraire le vérifier, l'accomplir. Au regard du chrétien qui croit en l’incarnation de Jésus-Christ, hier et aujourd'hui, le christianisme apparaît dispersé mais bien présent à travers l'extrême du profane.


Ainsi, par-delà les "effets de surface", la volonté de maintenir les apparences de la chrétienté d'autrefois, comme on peut la voir à l'œuvre dans le jeune clergé plus ou moins "tradi", on se rend compte que la sécularisation n'amène pas à abandonner l'héritage chrétien mais à le refondre sur des bases plus saines : la sécularisation n'est pas vraiment une menace pour l'Église catholique ; elle invite le christianisme à retrouver sa vocation laïque, à se faire partenaire des évolutions du monde.


Pour ce faire, elle nous amène à une critique radicale de la théologie traditionnelle, de la notion traditionnelle de la divinité qui, finalement, niait le Dieu de Jésus-Christ. Sans doute faut-il retrouver la modestie de la "théologie négative" pour laquelle, on ne peut vraiment dire à propos de Dieu que ce qu’Il n'est sûrement pas ! C’est une vraie déconstruction de la théologie traditionnelle, qui amène, très concrètement, à penser, à prier autrement, à être le sujet de sa réflexion théologique et, comme le disait Henri il y a un instant, à se donner à soi-même autorité pour devenir l'auteur de son projet de vie chrétienne. On est bien loin du souhait de la hiérarchie qui attend des théologiens un simple travail de justification de ses positions dogmatiques, et fait perdre le sens du "je" en théologie comme dans la vie chrétienne !


Pourtant, c'est bien à une telle réflexion personnelle à la première personne, que le chrétien qui réfléchit est appelé, même si, mal à l'aise dans son Église, il se sent souvent partagé entre le désir de ne rien dire et l’impossibilité de se taire ! Le défi qui lui est lancé de rechercher le reflet de Jésus-Christ le Verbe de Dieu dans la vie des hommes, de découvrir que Dieu se cache dans les plis du monde.




   Christian Terras est fondateur de Golias (http://www.golias.fr) et éditeur
Propos recueillis par Michel Barlow. Photographies par Marie-Jo et Christophe Rivière
 

Rencontres, conférences, expositions autour de Louis Évely

Suivez l'actualité des évènements organisés régulièrement pour faire connaître et rayonner les idées de Louis Évely.


:   Rencontre autour de Louis Évely et Marcel Légaut à L'Aube du 18 juin au dimanche 22 juin 2014
:   Vivez le temps de Noël à L'Aube : du samedi 21 (16h00) au Jeudi 26 décembre 2013 (10h00)
:   du 16 au 21 août 2012 : Les échanges de L'Aube ; rencontre, réflexion et détente dans la Drôme
:   11 décembre 2011 : Rencontre "Pour un évangile libéré du christianisme" au Pontet
:   du 3 au 21 mai 2011 : Exposition "Louis Evely, Paroles d'un homme de foi" à l'Espace Fusterie à Genève
:   du 17 au 20 mars 2011 : Journées Louis Evely à L'Aube (Piégros-La-Clastre) pour fêter le centenaire
:   jeudi 10 février 2011 : Table-ronde débat sur Louis Evely au Grand temple de Lyon
:   sur RCF Lyon Fourvière : Emission "Croire et agir" consacrée à Louis Evely, du 31/01 au 06/02/2011
:   Bon anniversaire Louis ! 5 novembre 2010 : Louis Evely a 100 ans
:   3 octobre 2010 : Commémorations du centenaire de Louis Evely au Collège Cardinal Mercier de Braine L'Alleud
:   Tout l'agenda des évènements
: http://www.louisevely.com : Nous contacter : Ailleurs sur internet : Qui sommes-nous ?

:   4 GROUPES LOCAUX
        
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    Bruxelles
    Genève
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    L`Aube
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:  DES EVENEMENTS
        
    En ce moment :
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Rencontre autour de Louis Évely et Marcel Légaut à L'Aube du 18 juin au dimanche 22 juin 2014
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Vivez le temps de Noël à L'Aube : du samedi 21 (16h00) au Jeudi 26 décembre 2013 (10h00)
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du 16 au 21 août 2012 : Les échanges de L'Aube ; rencontre, réflexion et détente dans la Drôme
etc ...
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:  UN BULLETIN
        
    Dans le numéro 13 :
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Des expériences qui de l’intime vont vers l’universalité
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En écho, le silence
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Ma disponibilité fondamentale à l’accueil
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:  UN FORUM DE DISCUSSION
        
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... eGnITnRMZOKOgV ...
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... xhMaghzXXEHjnt ...
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:  DES PUBLICATIONS
        
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